LA VIE COTE FARCE OU L'ART DU FOU (4)
- La Compagnie des Grands Enfants

- il y a 2 jours
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Pour terminer, pourquoi ce titre « L'art du fou » ?
Il faut bien sûr entendre le fou dans le sens théâtral du bouffon, le fou du roi, personnage précieux de l'art théâtral, et tellement indispensable dans notre société moderne.
Historiquement, le bouffon avait un rôle primordial à la cour du roi. Il était chargé de faire rire le roi tout en l'éveillant sur les problèmes du peuple. Une sorte de « dard » en quelque sorte, pour le ramener à la réalité et l'empêcher d'être « hors sol ». Mais toujours en le faisant rire, sous peine de mort dans le cas contraire.
Si on actualise le propos, le roi de nos jours (en tout en cas en France) c'est le président de la république et son gouvernement. Plus largement, et dans le sens où nous l'avons pris, le roi, c'est le peuple. La société en général. Représentée en ce qui nous concerne par le public qui assiste au spectacle.
Le bouffon (« fou du roi ») met en évidence une problématique tout en faisant rire. Dans notre cas, c'était mettre en évidence les ressorts politiques qui précèdent l'émergence d'une dictature et comment restaurer la démocratie. Toute la difficulté étant de bien faire comprendre qu'il ne s'agit pas de cautionner ce qui est représenté, mais bien de le dénoncer, par l'exemple. Tout le principe du second degré : si nous jouons des personnages racistes ou réactionnaires, nous ne le sommes pas pour autant, mais nous montrons ce que c'est. On retombe sur le « mentir vrai » théâtral : pour qu'un menteur (le comédien) fasse croire à son mensonge, il se doit d'y croire sincèrement lui-même (en tant que personnage) pour que la farce fonctionne. Mais ça reste une farce qui s'arrête aux applaudissements.
Le théâtre est un divertissement bien sûr, mais pas seulement. Il est aussi une parole vivante qui dit des choses par l'exemple. Molière (pour ne citer que le plus illustre) à travers « L'avare », « L'école des femmes », « Tartuffe » etc... ne faisait pas autre chose. La parole est ouverte, sujette par la suite à discussion, débat, échanges etc... Comme dit le personnage du metteur en scène dans « Le spectateur condamné à mort » : « après ça, tout le monde sort dans la rue... C'est là que la pièce continue... dans le cerveau de chacun... n'est-ce pas ? La vraie solution viendra plus tard... chez eux... peut-être demain... »
Dans notre société un peu folle et menacée à chaque instant de déshumanisation galopante,

l'art théâtral est de plus en plus nécessaire et indispensable.

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